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The Last Shelter

Un documentaire humaniste plein d’empathie

The Last Shelter : un documentaire humaniste plein d’empathie

 

            Réalisé par le cinéaste malien Ousmane Zoromé Samassékou, The Last Shelter (1h25, 2021) est un documentaire lauréat du premier prix au Festival international du film documentaire de Copenhague.

            Le film aborde le problème de la migration en Afrique vers l’Algérie, et au-delà vers l’Europe. Son cadre se situe dans la Maison des migrants dans la ville malienne de Gao. On sent que le cinéaste a fait un travail d’immersion laborieuse car les intervenants du documentaire semblent ne plus se soucier de la présence de la caméra. Ce sont des personnes ayant quitté leur pays au péril de leur vie.

            L’hostilité de la nature est le premier péril exposé. La première image de The Last Shelter montre d’ailleurs le ciel ensoleillé du désert du Sahara qui suggère chaleur et sècheresse. La scène suivante qui montre des cimetières de migrants de différentes origines renforce la dangerosité du milieu capable de faucher des vies.

            Dans son documentaire, Ousmane Zoromé Samassékou accorde une attention particulière à deux femmes migrantes : Esther et son amie Kadi. A leur arrivée dans la Maison des migrants, le coordinateur Eric Alain Kamdem les prévient du risque qu’elles encourent au cas où elles continuent leur route vers l’Algérie : elles risquent de tomber sous les mains des groupes armés qui les violeraient. Tel est le second péril.

            Quand bien même les individus arriveraient à destination en tant qu’immigrés, ils ou elles risqueraient également de subir la désillusion. Cet avertissement est donné par un responsable dont les propos envers un migrant sont très clairs : peu importe le pays où il débarque, il sera toujours considéré comme « un homme de second zone ».

            Ce qui est frappant dans The Last Shelter, c’est de voir que même si les obstacles rencontrés sont si importants, ils ne parviennent pas à dissuader certains migrants qui persistent à vouloir partir coûte que coûte. Tel est le cas d’Esther, l’amie de Kadi, une adolescente de 16 ans fuyant son passé malheureux. Elle a été abandonnée par sa mère alors qu’elle n’avait que deux ans.  Adoptée ensuite par sa tante, une triste révélation la poussera à vouloir quitter à tout prix son pays d’origine le Burkina Faso ainsi que ses pays frontaliers.

Le moment le plus émouvant du documentaire survient lorsqu’Esther évoque ses décisions pour l’avenir.

            Superbement réalisé, The Last Shelter est un documentaire humaniste plein d’empathie. Quelles qu’en soit les causes qui ont poussées les divers intervenants à entreprendre la migration, Ousmane Zoromé Samassékou ne les culpabilise pas. Il révèle leur humanité dans la Maison des migrants où des amitiés vont se nouer et où certains vont poursuivre leur périple tandis que d’autres vont finir par y renoncer.

 

 Aina Randrianatoandro

This story emanates from the Talent Press, an initiative of Talents Durban in collaboration with the Durban FilmMart. The views of this article reflect the opinions of the film critic Aina Randrianatoandro.